Le problème est clair, le logement. Ce sur quoi il n’y a pas de consensus, c’est la solution. Les deux parties du gouvernement, le PSOE et Sumar, vivent ces jours-ci dans une lutte acharnée continue à cause du décret qui prévoyait l'extension des loyers et qui a été abrogé mercredi au Congrès des députés, après le vote contre Junts et l'abstention du PNV.
Dans l'aile dirigée par Yolanda Díaz, on a déjà commencé à travailler sur un nouveau décret qu'on veut présenter prochainement au Conseil des ministres, même si ce ne sera pas mardi prochain, et on cherche à y incorporer certaines des mesures réclamées par le reste des partenaires pour tenter d'attirer le soutien du bloc d'investiture. Cependant, dans le secteur socialiste, ils traînent les pieds et sont favorables à l'approbation d'initiatives de niveau inférieur qui n'ont pas besoin d'être approuvées par la Chambre basse.
Ainsi, avec cette voie, les socialistes estiment que l'Exécutif pourrait se prémunir contre des défaites parlementaires notoires comme celle de mercredi. Parce qu'au sein du PSOE, il y a un profond malaise à l'égard de Sumar qui l'a forcé à approuver un décret en Conseil des ministres et qui n'a ensuite pas pu obtenir le soutien pour le valider, générant également une insécurité juridique pour des milliers de foyers.
Selon un haut responsable de l'aile socialiste du gouvernement, ils ont réussi à amener différents acteurs à un accord pour exécuter le Plan National de Logement, mais ils ne peuvent pas être responsables de ce que font des groupes parlementaires comme Junts ou le PP. Ils assurent qu'ils continueront à « avoir l'initiative politique », mais qu'il faut comprendre qu' »il y a des décrets qui ne peuvent pas être validés s'il n'y a pas de majorité ».
Face à ce scénario de blocus, ils s'engagent à approuver des décrets en Conseil des ministres qui n'ont pas valeur de loi et qui n'ont pas à être validés ultérieurement. Ils donnent comme exemple l'enregistrement unique des appartements touristiques, approuvé l'année dernière sans passer par le Congrès. Ils expliquent également que dans des communautés autonomes comme la Catalogne, des formules sont à l'étude pour éviter que des logements ne finissent dans des fonds d'investissement sans changer la loi, mais plutôt en modifiant la loi sur l'urbanisme.
Pour Sumar et le reste des partenaires parlementaires de gauche, cela est clairement insuffisant. Ils considèrent que le problème des loyers doit être directement résolu avec une prolongation comme celle abrogée et que, pour ce faire, il est nécessaire de présenter à nouveau un décret au Congrès. Selon un ministre de Sumar, ils travaillent déjà sur un nouveau texte et se montrent plutôt optimistes à son sujet.
Sumar estime que Junts pourrait finir par voter pour, même si les indépendantistes ne montrent même pas de signes indiquant qu'ils vont s'asseoir pour négocier, si certaines des mesures que réclament les partisans de Carles Puigdemont lorsqu'ils parlent de ce sujet sont incluses dans le futur texte.
Selon ces sources, le porte-parole de Junts, chargé de définir la position du parti lors du débat de mercredi, a été très clair sur certaines des mesures que réclament les indépendantistes en matière de logement. Ils demandent par exemple une déduction pour l'achat ou la réhabilitation d'un logement, une protection des débiteurs lorsque le prêt est vendu à un tiers ou encore que la vente de logements pour personnes âgées en résidence n'implique pas le paiement de l'impôt sur le revenu des personnes physiques. Ils demandent également une aide fiscale pour les indépendants qui, même si elle n'a rien à voir avec le logement, pourrait être inscrite dans un futur décret en guise de clin d'œil. Ce n'est pas la première fois que l'Exécutif inclut des questions sans rapport dans un même décret.
Bien que Sumar ne partage pas beaucoup de ces mesures, ils les considèrent comme un moindre mal si, en les avalant, ils peuvent garantir que Junts ne votera plus contre elles. Il s’agit en fin de compte de proposer aux indépendantistes un texte qu’ils ne peuvent pas rejeter parce qu’il leur est adapté. « Nous avons des cartes à jouer et nous pensons qu'il y a de l'eau dans la piscine », affirme le ministre.
D'autres partenaires des partis de gauche consultés assurent que si le gouvernement présente à nouveau un décret au Congrès, ils voteront pour même s'il comporte des mesures qui ne leur plaisent pas. Personne ne veut assumer le fardeau de détruire quelque chose présentant ces caractéristiques et ils estiment qu'ils pourraient payer cher s'ils s'opposent à une extension, car cela gâte trop les propriétaires. Il faudrait voir ce que fait Podemos, qui cherche continuellement son propre profil. Mais les archives du journal soulignent que, dans ce type de vote, les violets ne veulent pas endosser la responsabilité, comme cela s'est produit avec l'embargo sur les armes contre Israël, qui leur a semblé insuffisant mais qu'ils ne l'ont pas renversé.
En outre, à Sumar, ils sont convaincus que s'ils obtiennent le oui de Junts, ils pourront également tenir pour acquis le soutien du PNV. Ils interprètent que les nationalistes basques se sont abstenus mercredi dernier pour établir leur propre profil et qu'il était déjà plus qu'évident que le décret tomberait à cause du non de Junts. « Si cela avait dépendu uniquement du PNV, ils ne l'auraient pas abrogé », ajoute ce ministre.
En effet, malgré les troubles actuels entre le PNV et le gouvernement, sa porte-parole parlementaire, Maribel Vaquero, affirme ces jours-ci que des « mesures globales » sont nécessaires pour résoudre le problème du logement et que, pour les voter, il faut s'asseoir et négocier. Autrement dit, ils sont favorables à la recherche d’un accord. Et chez Sumar, ils se feront un plaisir de le mettre dans une assiette pour vous.





