Le Gouvernement autorise les Transports face à « l'avalanche » de dossiers de régularisation des étrangers

Le processus de régularisation massive des immigrés qui vivent et travaillent déjà dans notre pays bénéficiera d'un renforcement pour accélérer les procédures bureaucratiques, mais il ne sera pas policier comme le demandent les syndicats représentatifs. Le gouvernement a décidé de permettre au ministère des Transports de prêter main-forte en fournissant la documentation que devront remplir les centaines de milliers de personnes qui seront concernées par la mesure. Cela découle de l'arrêté royal approuvé mardi dernier en Conseil des ministres et publié hier au Journal officiel de l'État.

Tragsa, via Tragsatec, et Correos pourront contribuer à ces tâches. Selon la première disposition complémentaire, le personnel de la première entité – encadré au sein de la SEPI – peut effectuer « des tâches administratives à caractère strictement instrumental ». En aucun cas ils n’auront la capacité d’évaluer les dossiers pour approbation ou rejet. Le travail se limitera à « des fonctions de support matériel et technique pour la préparation des procédures de résolution ».

Dans le cas de Correos, le BOE prévoit d'utiliser son « réseau très étendu de bureaux sur tout le territoire national » pour garantir « dans des conditions égales » que tous les intéressés puissent régler leur situation « indépendamment du lieu où ils résident ». Le personnel de l'entreprise publique procédera à « un travail d'accompagnement et de gestion de la procédure à travers la présentation télématique de la demande d'autorisations et, le cas échéant, des apports complémentaires ou des corrections qui pourraient en découler ». Autrement dit, ils permettront aux immigrants de remplir plus facilement les formalités administratives sans se rendre aux bureaux d'immigration de la police nationale.

Cette décision d'autoriser deux entités de Transport est considérée par les syndicats de police comme une confirmation que le gouvernement s'attend à une « avalanche » de demandes dans les semaines à venir, selon le Syndicat unifié de la police (SUP). Ces deux derniers jours, des files d'attente de centaines de personnes ont été observées devant les consulats de différents pays, qui seront chargés de fournir des certificats d'absence d'infractions pénales. Il s’agit de l’une des conditions les plus importantes que l’Exécutif a fixées dans le décret royal – l’autre est que les étrangers doivent prouver qu’ils résidaient en Espagne avant le 31 décembre de l’année dernière – et celle qui a suscité le plus de controverses.

Dans un premier temps, les personnes concernées devaient prouver qu'elles n'avaient pas de casier judiciaire punissable par un tribunal. Pour ce faire, ils devaient présenter un rapport de leur pays d'origine l'attestant, mais s'ils ne répondaient pas à la demande, une « déclaration responsable » de l'intéressé suffirait. Une solution laxiste, puisqu'elle s'appuierait sur la parole de la personne qui en bénéficierait, et qui, pour les experts en immigration consultés par ce journal, pourrait finir par être un « terrain d'entente » pour les criminels. Après le Conseil des ministres de mardi, cette option a été supprimée du texte final.

Les commandants de la Commission Générale de l'Immigration ont manifesté leur malaise dès le début du processus de régularisation. L'accord conclu par le gouvernement avec Podemos en janvier n'a pas eu la vision des experts, comme l'a rapporté ce média début février. Les premières versions ne contenaient pas de rapports émanant du secteur de police compétent en la matière. Le seul document remis a été rédigé par le « numéro deux », le commissaire Alfredo Miravete, et a été conservé dans un tiroir par le directeur général, Francisco Pardo, car il ne coïncidait pas avec l'argumentation politique de Moncloa.

Le gouvernement affirme que la mesure affectera 500 000 personnes, mais ce document et d'autres experts multiplient ce chiffre. Les calculs de la police prévoient qu'entre un million et un million et demi de personnes auront la possibilité de régulariser leurs papiers en Espagne grâce à leurs racines familiales. D’autres sources estiment qu’avec le temps, ce chiffre pourrait doubler.

Outre le SUP, les principaux syndicats – Jupol, UFP et CEP – critiquent le fait que la régularisation extraordinaire des migrants soit approuvée « en tournant le dos » aux professionnels de la sécurité avec un processus de traitement « externalisé » qui augmente, préviennent-ils, les risques de fraude, d'erreurs ou de lacunes dans la vérification de l'identité et des antécédents des demandeurs. Concernant le casier judiciaire, rappelez-vous qu'une personne peut ne pas avoir de casier judiciaire même si elle a été récemment arrêtée, en raison des délais judiciaires puisque de nombreuses procédures mettent des mois, voire des années, à être résolues.

IRESTE, plus connu sous le nom d'Institut de Recherche d'Enseignement Supérieur aux Techniques de L'électronique, est un média spécialisé dans le domaine de l'électronique.