La Chambre des Comptes de Navarre, l'équivalent de la Cour des Comptes, a confirmé que la Mairie de Pampelune n'a pas mis en œuvre pleinement une Zone à Faibles Émissions (ZBE) conformément à la réglementation en vigueur avant la fin de 2025, malgré le fait que la législation de l'État l'exigeait au moins un an et demi auparavant.
Bien que le plan environnemental ait commencé sous un gouvernement précédent, EH Bildu est à la tête du conseil municipal depuis décembre 2023. C'est ce qu'indique le rapport d'inspection du ZBE dans la ville entre 2022 et 2025, publié en mars 2026.
Il faut tout d’abord tenir compte du fait que l’Espagne, en tant que membre de l’Union européenne (UE), s’est engagée à Bruxelles à promouvoir des actions visant à atténuer le changement climatique, principalement en réduisant les émissions de gaz à effet de serre. En ce sens, le pacte vert européen, approuvé par la Commission en 2019, et le cadre stratégique espagnol en matière d'énergie et de climat se démarquent.
On estime que les transports urbains sont responsables d'environ 23 % des émissions de gaz à effet de serre de l'UE ; D’où l’importance d’appliquer correctement le ZBE par les Mairies de chaque autonomie. Celles-ci limitent l'accès, la circulation et le stationnement des véhicules à certaines zones urbaines.
En Espagne, la loi sur le changement climatique exige que les plans de mobilité urbaine durable des communes de plus de 50 000 habitants incluent la création de ZBE avant 2023. Mais, en Navarre, elle a été étendue aux communes de plus de 10 000 habitants. Cette obligation devait également être remplie dans un délai maximum de deux ans, qui expirait en avril 2024, bien que l'arrêté royal de l'État ait fixé le mois de juin de la même année comme date limite.
Selon le rapport, en décembre 2024, Pampelune ne disposait pas d'un plan de mobilité durable appliqué à ces communes et conforme à la réglementation exigée par le gouvernement. En fait, jusqu'en décembre de l'année dernière, les ZBE n'étaient pas appliquées correctement et conformément aux réglementations nationales. C'est-à-dire que la Mairie n'a adapté cette réglementation antérieure dans le délai transitoire établi par la réglementation qu'après un an et demi de retard.
Jusque-là, il existait une réglementation antérieure appelée ZBE-ZAC (Zone à faibles émissions et zone d'accès contrôlé), mais celle-ci ne répondait pas aux exigences établies par la loi sur le changement climatique et l'arrêté royal qui réglemente les ZBE.
Fonds européens
Le problème va plus loin car une partie du projet a été financée avec des fonds « Next Generation » de l'Union européenne et le ministère des Transports, de la Mobilité et de l'Agenda urbain a ensuite été contraint de demander des explications à la mairie de Navarre sur deux problèmes : le retard dans l'exécution du projet et les contradictions techniques qui y sont constatées. Selon la Chambre, en mars de cette année, il n'était pas clair si le ministère dirigé par Óscar Puente avait considéré les explications valables.
Le projet technique a été préparé par une entreprise spécialisée en 2023 et approuvé par le Conseil du Gouvernement Local en 2025, avec les modifications pertinentes, notamment dans le calendrier d'exécution.
L’un des aspects les plus critiques soulignés dans le rapport est le manque de planification adéquate. Plus précisément, il est souligné que le Plan de mobilité urbaine durable n'incluait pas initialement le ZBE, malgré le fait que son incorporation était obligatoire selon la législation de l'État et de la province. Cette omission témoigne, selon l'organisme de tutelle, d'une irrégularité dans la stratégie globale de mobilité durable de la commune.
Par ailleurs, la Chambre des Comptes assure que l'étude des coûts et des bénéfices ne peut être considérée comme complète ou équilibrée. Si les bénéfices du ZBE sont estimés pour la société dans son ensemble, les coûts se limitent principalement aux dépenses assumées par la commune, sans tenir compte de l'impact économique sur les citoyens, les entreprises ou d'autres acteurs concernés. Ce manque d'équilibre dans l'évaluation empêche, selon le rapport, d'avoir une vision complète de l'efficacité de la mesure.
À tout cela s'ajoute que, selon le rapport, le système technique de gestion des ZBE et de suivi de leurs effets est opérationnel depuis janvier 2024, mais que « l'analyse d'impact correspondante relative à la protection des données » n'a pas été réalisée. Selon la Cour, cela « peut présenter des risques non identifiés pour les droits et libertés des personnes ».
La Chambre invite toutefois le conseil municipal à améliorer la planification stratégique, à intégrer pleinement le ZBE dans les instruments de mobilité urbaine et à réaliser des analyses d'impact plus complètes et plus équilibrées. Il recommande également de renforcer les mécanismes de suivi et d'évaluation des effets du ZBE, afin de garantir son efficacité à long terme.





