L’avenir des dizaines d’hippopotames qui habitent aujourd’hui le bassin de la rivière Magdalena est entré dans une phase décisive. Le gouvernement colombien a officialisé les conditions dans lesquelles il pourrait autoriser son transfert vers l'Inde, en réponse à l'intérêt exprimé par le centre de secours Vantara, propriété de l'homme d'affaires Anant Ambani.
Cette mesure, comme l'a révélé 'Portafolio', marque un tournant dans la gestion d'une espèce déclarée envahissante, dont la croissance a conduit à une urgence environnementale avec des impacts sur les écosystèmes et les communautés.
Un processus entre Etats, pas entre parties privées
Selon les informations publiées par « Portafolio », le ministère de l'Environnement et du Développement durable a envoyé une communication officielle à l'organe de gestion CITES de l'Inde dans laquelle il établit trois piliers obligatoires pour faire avancer l'éventuelle translocation de 80 spécimens d'Hippopotamus amphibius.
Le portefeuille a insisté sur un point clé : il ne s'agit pas d'un accord entre particuliers, mais plutôt d'une opération qui doit respecter les normes internationales et avoir la validation des deux Etats.
1. Première exigence : permis internationaux et légalité
Le premier filtre est de nature juridique. La Colombie a demandé à l'Inde de confirmer si elle pouvait accorder les permis d'importation requis, conformément à la Convention sur le commerce international des espèces menacées (CITES).
Selon le document cité par « Portafolio », cela équivaut à une sorte de « visa » pour les animaux, sans lequel aucun transfert ne pourrait commencer. Les réglementations internationales exigent que le pays d'accueil démontre qu'il dispose de réglementations pour gérer les espèces potentiellement envahissantes.
2. Capacité technique et bien-être animal, au centre
Le deuxième pilier se concentre sur les conditions qu’offrirait le centre Vantara, situé à Jamnagar, Gujarat.
La Colombie exige des certifications techniques garantissant le bien-être des animaux.
Parmi les aspects évalués figurent :
- Disponibilité d'un espace suffisant pour 80 exemplaires.
- Existence de personnel spécialisé, tel que vétérinaires et biologistes.
- Protocoles de prise en charge et de soins selon les normes internationales.
- Traitements de santé définis pour les animaux.
Ce point devient pertinent si l’on considère que les hippopotames peuvent peser jusqu’à deux tonnes, ce qui implique d’importants défis logistiques et sanitaires.
3. La tutelle de l’État : condition indispensable
La troisième exigence vise à éviter les lacunes en matière de contrôle. Le ministère demande au gouvernement indien de confirmer qu'il a pleinement connaissance du sort des animaux et qu'il exercera un contrôle sur leur manipulation.
L'intention, selon les informations citées, est que l'État d'accueil assume directement la responsabilité et garantisse que le centre Vantara respecte les réglementations locales pendant toute la durée du séjour des spécimens.
Une espèce envahissante en expansion
Les hippopotames ont été déclarés espèces envahissantes en Colombie en 2022, après que leur expansion rapide ait été évidente dans le bassin de la Magdalena. Cette situation a généré des impacts sur :
- Écosystèmes fluviaux.
- espèces indigènes.
- Sécurité des communautés, notamment des pêcheurs.
L’offre de l’Inde surgit dans ce contexte, comme alternative aux autres mesures de contrôle de la population à l’intérieur du pays, y compris l’euthanasie.
Le processus n’est cependant pas encore défini. Selon le ministère de l'Environnement, la réponse du gouvernement indien est de permettre d'aller de l'avant.
Même si les dialogues ont lieu depuis 2023, c'est la validation formelle de l'Inde qui déterminera si cette opération, jugée sans précédent par son ampleur et sa complexité, pourra être menée à bien.





