Bien que l'Institut national de sécurité sociale décide d'accorder ou non une invalidité permanente aux candidats en fonction de leurs rapports médicaux et des limitations qu'ils présentent pour leur activité professionnelle actuelle, il existe de nombreux cas de candidats qui ont été refusés malgré des pathologies incompatibles avec leur emploi.
Ce fut le cas de Nuria, une administratrice avec des années d'expérience au cours de laquelle les longues heures passées devant un ordinateur à taper ont commencé à lui faire des ravages. Ce qui avait commencé par un léger picotement en écrivant des emails ou en bougeant la souris a fini par se transformer en une douleur intense qui l'empêchait d'effectuer normalement son travail.
Pour cette raison, il a décidé d'aller chez le médecin, où il a reçu le diagnostic. Il souffrait du syndrome du canal carpien bilatéral et de rhizarthrose aux deux mains. Bien qu'on lui ait prescrit des médicaments pour soulager ses symptômes, l'engourdissement de ses bras et la douleur sont devenus de plus en plus intenses, et ses mains ont même cessé de fonctionner à plusieurs reprises. Il a donc fini par demander un congé médical.
Il l'a nié parce qu'il considérait que c'était un travail sans exigence physique.
Durant son incapacité temporaire, il a reçu des traitements et s'est adressé à des médecins spécialisés, dans le but de réduire ses symptômes et de pouvoir reprendre normalement son travail. Cependant, le temps a passé et il a toujours les mêmes limitations, c'est pourquoi il a décidé de demander une invalidité permanente totale à l'INSS. Un diplôme qui la disqualifierait de travailler comme administratrice et lui accorderait une pension de 55 % de l'assiette réglementaire.
Ce type d'invalidité est accordé lorsque le travailleur présente des limitations qui l'empêchent d'exercer son activité professionnelle, mais qu'il pourrait se consacrer à un autre emploi lorsque cela ne nuit pas à son état de santé. Malgré cela, la Sécurité Sociale a décidé que, puisqu'il s'agissait d'un travail sans exigences physiques, le handicap ne s'appliquait pas.
L'INSS a estimé qu'il avait la capacité de continuer à exercer sa profession
Selon Marina Alaminos, avocate spécialisée dans le handicap et membre de l'équipe d'avocats qui a défendu le cas de Nuria, l'INSS a considéré qu'« elle conservait une capacité suffisante pour continuer à exercer sa profession », puisqu'il s'agissait d'un travail de bureau. Cependant, ils n’ont pas pris en compte le fait qu’avec ses pathologies, le retour à son travail était assez complexe.
Lorsqu'elle était administratrice, Nuria passait de longues heures à rédiger des e-mails, à gérer la documentation et à consulter l'ordinateur. Autant de tâches pour lesquelles il avait besoin de ses bras et de ses mains, et pour lesquelles il souffrait de douleurs et d'engourdissements. Elle a donc décidé de consulter un avocat pour l’aider à faire appel de cette décision.
Ses limitations étaient incompatibles avec son emploi
Dans un premier temps, ils ont décidé de porter plainte auprès de l'INSS avec des rapports médicaux détaillant les symptômes de ses pathologies et comment ceux-ci la limitaient dans l'exercice de son activité professionnelle. Selon Alaminos, ils devaient « analyser ce qu'il faisait réellement avec ses mains tout au long de la journée ». Malgré cela, l'entité a une fois de plus rejeté sa demande, et son équipe d'avocats a donc décidé de porter plainte devant le Tribunal Social.
Lors de la soutenance, ils ont expliqué que « taper ponctuellement n'est pas la même chose que le faire pendant des heures. Que pouvoir ramasser un objet ne signifie pas pouvoir manipuler de la documentation en continu », a expliqué Marina Alaminos sur son profil Instagram. Et ils ont assuré, sur la base de rapports médicaux, que les symptômes lui causaient des limitations incompatibles avec son travail d'administratrice.
Le juge a prononcé une sentence et a accordé à Nuria une invalidité permanente totale pour son travail d'administratrice et une pension de 55% de l'assiette réglementaire. Une décision qui lui a permis de se concentrer sur son traitement et de chercher un emploi adapté à sa situation. Pour cette raison, l'avocat rappelle l'importance de connaître la procédure pour se plaindre des décisions de l'INSS, pouvoir le faire dans un délai maximum de 30 jours et, en cas de nouveau refus, déposer une plainte devant le Tribunal Social et la Cour Suprême.





