un voisin peut perdre des mètres de sa maison à cause d'un ascenseur

Imaginez que dans votre communauté il est autorisé d'installer un ascenseur… et la solution est d'occuper une partie de votre salon ou de vos locaux. Il ne s’agit pas d’un scénario extrême ou rare, la législation espagnole l’envisage lorsqu’il n’existe pas d’autre alternative technique.

L'accessibilité est devenue une priorité, et cela change de nombreux bâtiments

Le coût du non-respect de la réglementation : un déversement auquel tout le monde ne s’attend pas

L'installation d'un ascenseur continue d'être l'un des travaux les plus importants (et controversés) au sein d'une communauté de quartier. Le prix se situe généralement entre 12 000 et 35 000 euros, bien qu'il soit indicatif.

Le budget final dépend de plusieurs facteurs : le nombre d'étages, l'âge du bien, le type d'ascenseur choisi ou encore la nécessité de réaliser des travaux supplémentaires. Par exemple, profiter d’un trou existant n’est pas la même chose que devoir construire une structure extérieure, ce qui peut rendre le projet considérablement plus coûteux.

Options d'installation (et leurs limites)

Chaque bâtiment est différent et l'emplacement de l'ascenseur dépend entièrement de ses caractéristiques. Les solutions les plus courantes consistent à profiter des espaces communs ou à générer de nouvelles structures, mais cela ne suffit pas toujours.

Lorsqu’il n’y a pas d’espace disponible, l’installation devient compliquée. C’est là qu’interviennent des solutions plus invasives pouvant toucher directement les propriétés privées.

La loi sur la propriété horizontale : renoncer à l’espace est possible

La réglementation espagnole, en particulier la loi sur la propriété horizontale dans ses articles 7 et 9, établit que les propriétaires peuvent être obligés d'autoriser les travaux nécessaires à l'accessibilité du bâtiment.

Cela inclut, dans des situations spécifiques, le transfert d'une partie d'un logement ou de locaux. Mais attention, car la loi fixe aussi des limites :

  • Ce doit être la seule solution viable pour installer l'ascenseur
  • L'occupation doit être le minimum essentiel
  • Le propriétaire concerné doit recevoir une compensation financière

De plus, il y a une condition, l’intervention ne peut pas faire perdre à la maison son habitabilité. Autrement dit, ils ne peuvent pas vous laisser un espace inutilisable, mais ils peuvent réduire les compteurs si nécessaire pour effectuer les travaux.

Quand est-il obligatoire d'installer un ascenseur

Depuis fin 2021, la réglementation renforce l’obligation d’adapter les bâtiments lorsque cela est nécessaire. La communauté est tenue d'installer un ascenseur si une personne handicapée, à mobilité réduite ou âgée de plus de 70 ans réside, travaille ou fournit des services bénévoles dans la propriété. Dans ces cas, il n’est pas nécessaire de soumettre la décision au vote si certaines conditions financières sont remplies.

Concrètement, si le coût annuel correspondant à chaque voisin n'excède pas l'équivalent de 12 mensualités ordinaires de charges communes, les travaux doivent être réalisés sans qu'il soit nécessaire de conclure une entente.

Si cette limite est dépassée, l'installation reste obligatoire, mais le dépassement doit être assumé par celui qui a demandé les travaux.

Que se passe-t-il si la communauté vote sur l'installation

Lorsqu'il n'y a pas d'obligation directe, l'ascenseur peut être approuvé d'un commun accord lors de l'assemblée des propriétaires. L'unanimité n'est pas nécessaire, il suffit que la majorité des quotas de participation vote pour.

Cela signifie que, même si certains voisins s’y opposent, les travaux peuvent continuer si cette majorité est atteinte.

Qui paie (et pourquoi tout le monde)

Le coût de l'installation est réparti entre tous les propriétaires en fonction de leur coefficient de participation, sauf si les statuts de la communauté en disposent autrement.

Cela inclut également les propriétaires de locaux ou d’habitations au rez-de-chaussée. Même s’ils n’utilisent pas l’ascenseur, ils sont obligés de payer car c’est un élément commun du bâtiment, au même titre que la façade ou la toiture.

Si un voisin ne paie pas : les deux voies possibles

Lorsqu’un propriétaire refuse d’assumer sa part du déversement, il existe deux principales façons d’agir :

  • Entamer une procédure judiciaire pour réclamer la dette
  • Partagez le coût entre les voisins qui paient et limitez l'utilisation de l'ascenseur (par exemple, par clé)

Dans la pratique, une action en justice est généralement l’option la plus utilisée pour garantir la contribution de chacun.

L'installation d'un ascenseur est de plus en plus une question de droits et pas seulement de confort. Mais cette évolution entraîne aussi des conséquences moins évidentes, depuis des déversements majeurs jusqu'à la possibilité réelle de perdre une partie de votre maison, tout dépend du bâtiment.

IRESTE, plus connu sous le nom d'Institut de Recherche d'Enseignement Supérieur aux Techniques de L'électronique, est un média spécialisé dans le domaine de l'électronique.