La solitude de la première vice-présidente du Gouvernement et ministre des Finances, María Jesús Montero, au sein du Conseil de politique fiscale et financière, permettra au Parti populaire andalou de faire du nouveau projet de modèle de financement régional adapté à la Catalogne l'un des axes de la prochaine campagne électorale régionale. Montero n'a que le soutien de Salvador Illa et de l'ERC, et sa proposition n'est pas bien vue ni par les socialistes des Asturies ni par Castilla La Mancha.
La ministre de l'Économie, des Finances, des Fonds européens et du Dialogue social du Gouvernement d'Andalousie, Carolina España, présente à la réunion tenue hier à Madrid, a exposé les grandes lignes sur lesquelles le Gouvernement régional et le PP insisteront dans les mois à venir : le nouveau système présenté « maintient les griefs existants et nuit surtout à l'Andalousie, ne bénéficiant qu'au mouvement indépendantiste ».
Le « costume sur mesure » de la Catalogne n'est pas une critique exclusive du PP, ni des communautés « capricieuses » du PSOE. Le directeur de la Fondation d'études économiques appliquées (Fedea), Ángel de la Fuente, l'un des plus grands experts du pays en la matière, l'a mis par écrit hier dans un rapport. Il reproche, entre autres choses, au ministère des Finances « l'excuse imaginative recherchée pour accorder à la Catalogne une juteuse prime de financement au titre de la TVA pour les PME ». Il s'agit d'un fonds spécifique destiné à bénéficier financièrement aux Catalans, puisque la Catalogne a « un poids en TVA pour les PME bien supérieur à son poids en consommation », tandis qu'en Andalousie « le phénomène inverse se produit ». Cela se traduit par 1 441 millions pour la Catalogne et rien pour ce concept pour l'Andalousie.
En outre, la Fedea prévoit que l'Andalousie continuera à être en dessous de la moyenne malgré un « modeste gain » de 1,2 points par habitant ajusté : selon ses données avec les informations présentées, la région passerait d'un indice de financement par andalou de 95 à 96,2, et resterait 3,8 points en dessous de la moyenne de 100.
Tout cela se traduirait par ce qui suit : l'Andalousie se positionnerait à 3 588 euros par habitant ajusté, alors que la moyenne est de 3 731 euros, soit 143 euros en dessous de la moyenne, soit 3,8 % de moins. Avec le modèle actuel, l'Andalousie reçoit 130 euros de moins par habitant, si l'on prend en compte la population ajustée, et 186 euros de moins si l'on prend comme référence la population de jure.
Ce qui semble plus compliqué, en attendant le texte soumis à l'approbation du Congrès des députés, c'est l'activation de la voie judiciaire. Le Gouvernement andalou avait déjà préparé le terrain en la matière et le 10 septembre 2024, le Conseil de Gouvernement a exhorté le Ministère de l'Économie, des Finances et des Fonds européens à mener les actions nécessaires pour défendre un financement régional juste et suffisant pour l'Andalousie, toujours dans le cadre légal et constitutionnel. On a ensuite directement parlé d'un quota catalan similaire à celui du Pays basque et de la Navarre. Le rapport rappelle les articles 9.2 de la Constitution, qui stipulent qu'« il appartient aux pouvoirs publics de promouvoir les conditions pour que la liberté et l'égalité de l'individu et des groupes dont il fait partie soient réelles et effectives ; d'éliminer les obstacles qui empêchent ou entravent sa plénitude et de faciliter la participation de tous les citoyens à la vie politique, économique, culturelle et sociale », ainsi que l'article 139.1 qui précise que « tous les Espagnols ont les mêmes droits et obligations dans n'importe quelle partie du territoire de l'État ». Il a également évoqué le possible non-respect de l'article 2 dans lequel il est précisé que « la Constitution est fondée sur l'unité indissoluble de la Nation espagnole, patrie commune et indivisible de tous les Espagnols, et reconnaît et garantit le droit à l'autonomie des nationalités et des régions qui la composent et la solidarité entre elles ».
De même, l'article 138.2 de la Magna Carta a été cité, précisant que « les différences entre les Statuts des différentes Communautés autonomes ne peuvent en aucun cas impliquer des privilèges économiques ou sociaux » et 158.2 stipule que « pour corriger les déséquilibres économiques interterritoriaux et rendre effectif le principe de solidarité, il sera créé un Fonds de compensation pour les dépenses d'investissement, dont les ressources seront réparties par les Cortes Generales entre les Communautés autonomes et les provinces, le cas échéant.
La nouvelle proposition de modèle de financement va désormais poursuivre son processus juridique. L’objectif est qu’il entre en vigueur en 2027 et qu’il soit approuvé par la Chambre basse avant juin. Cependant, depuis l'Andalousie, Carolina España considère que la proposition de Montero « est mort-née, car elle a été négociée dos à toutes les communautés autonomes, ce qui représente un exercice de déloyauté envers les territoires, leurs représentants et leurs citoyens ».





