La Garde civile de Catalogne fait face au « vol » de pouvoirs, à l'écart salarial avec la police et à 1 100 postes vacants

La situation est « critique et étouffante ». C'est ainsi que les gardes civils de Catalogne définissent la « spoliation » de pouvoirs dont elles sont victimes et les 1 100 postes vacants dans toute la communauté. Et le manque de personnel et le transfert de compétences exclusives aux Mossos d'Esquadra sont dus, de l'avis de l'association professionnelle Jucil, à un démantèlement étudié au goutte-à-goutte.

Les compétences des Frontières et du Service Maritime sont exclusives aux Forces et Corps de Sécurité de l'État (Bemérita et Police Nationale), c'est pourquoi « nous ne permettrons pas le démantèlement par la porte dérobée », assure le secrétaire général de l'association, Ángel Lezcano. En ce sens, ils dénoncent une tentative de « transfert illégal » vers les Mossos et mettent en garde contre de nouvelles menaces comme la possible fermeture du GEDEX à Tarragone. Par ailleurs, il faut rappeler que la Garde civile continue d'être exclue du service d'urgence 112, malgré l'accord conclu lors du Conseil de sécurité de décembre 2024.

Et à cette tentative d'amener la Benémerita à la « non-pertinence institutionnelle » la plus absolue en Catalogne, il faut ajouter le déficit d'agents dans les escouades. L'association souligne que sans compléments économiques et sociaux qui favorisent la permanence, cette communauté continuera à être une « destination de transit », c'est pourquoi il est nécessaire de déclarer la Catalogne comme Zone de Singularité Spéciale, comme cela a déjà été fait avec le Pays Basque.

Sans parler du « manque de ressources et de leur précarité », qui met en danger non seulement la vie des agents mais aussi la sécurité des citoyens, souligne Jucil. Car « les gestes politiques ne servent à rien s'ils ne sont pas accompagnés d'un véritable budget », concluent-ils.

C'est ce qu'ont transmis Lezcano et la secrétaire à la Communication, Mila Cívico, au porte-parole du PP à la Commission intérieure du Parlement de Catalogne, Alberto Villagrasa. Le but ? Veiller à ce que le soutien parlementaire se traduise par des mesures budgétaires concrètes et un débat institutionnel profond qui évite que « la Garde civile de Catalogne ne devienne une institution résiduelle en raison du manque de soutien et de ressources ».

Grave écart salarial avec les Mossos

L'inégalité avec les Mossos d'Esquadra est une autre pierre d'achoppement. Depuis des décennies, les agents dénoncent l'écart salarial avec la police régionale dû à l'apathie et au manque d'attention des différents ministres de l'Intérieur, en l'occurrence Fernando Grande-Marlaska. La récente augmentation de 4 000 euros bruts pour les mossos, l'augmentation des vacances et la réduction de leur temps de travail ont encore aggravé ces inégalités.

« C'est un grief comparatif inacceptable. Cette décision non seulement élargit un écart salarial déjà saignant, mais éloigne définitivement l'égalisation salariale promise. C'est un mépris systématique pour ceux qui font le même travail avec moins de ressources et de pires conditions », dénonce Jucil.

Enfin, ils soulignent le fait que Grande-Marlaska refuse de considérer la Garde civile comme un métier à risque alors que d'autres forces de police régionales et locales sont reconnues. Ils qualifient d' »humiliation » le fait que les gardes civils ne bénéficient pas de cette protection juridique, dont ne bénéficie pas non plus la police nationale, et ils rappellent que le Conseil de l'Europe a déjà accepté leur demande de traitement afin que les gardes civils fassent reconnaître leurs droits de syndicalisation et de grève. Le Gouvernement doit se prononcer là-dessus dans les prochaines semaines.

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