Genève – Le monde est de moins en moins préparé à l'éventualité d'une nouvelle pandémie et, bien que surprenants, des indicateurs clés qui auraient dû s'améliorer après la pandémie de covid-19 ont en réalité régressé, comme l'accès aux vaccins et à d'autres fournitures pour faire face à une nouvelle urgence sanitaire.
C'est la conclusion inattendue d'un comité d'experts qui évalue depuis des années la préparation mondiale à ce type d'événement pour le compte de la Banque mondiale et de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et qui vient de présenter ses conclusions.
Il souligne par exemple que le risque d’une autre pandémie – considéré comme réel – affecterait un monde plus divisé, plus endetté et moins capable de protéger ses populations qu’il y a dix ans.
« Une décennie après qu’Ebola a révélé de dangereuses lacunes dans la préparation aux épidémies et six ans après que Covid-19 a transformé ces lacunes en une catastrophe mondiale, les preuves sont claires : le monde n’est pas plus à l’abri des pandémies », affirment les experts.
1 / 30 | COVID-19 : c’est ainsi qu’a été vécue la pandémie qui a arrêté le monde il y a cinq ans. Le COVID-19 a dégagé le ciel et libéré la faune. Le 11 mars, les commerces étaient fermés et un couvre-feu était décrété dans de nombreux pays du monde.
– Maréchal
Une nouvelle épidémie d’Ebola vient de se déclarer en République démocratique du Congo, moins de deux semaines après qu’une épidémie d’hantavirus se soit déclarée sur un bateau de croisière, provoquant une alarme mondiale et faisant craindre une nouvelle pandémie.
Les experts rappellent que les épidémies de maladies infectieuses sont de plus en plus fréquentes et néfastes et que leur impact ne se limite pas à la santé, mais peut avoir un impact important sur l'économie.
L’une des raisons pour lesquelles le monde se trouve dans cette situation est que les investissements n’ont pas suivi le rythme croissant du risque de pandémie, mais aussi que les bonnes initiatives sont contrecarrées par les tensions géopolitiques, la modification de l’équilibre des écosystèmes, l’augmentation des voyages et la réduction de l’aide internationale au développement.
De même, il a été prouvé que l’accès équitable aux vaccins, aux diagnostics et aux traitements s’est détérioré et l’exemple le plus récent en est survenu lorsque l’urgence sanitaire internationale a été déclarée en raison de l’épidémie de mpox (2022).
« Les vaccins MPOX sont arrivés dans les pays à faible revenu touchés près de deux ans après le début de l’épidémie, même plus tard que les 17 mois qu’il a fallu pour les vaccins contre la COVID-19 », détaille-t-il.
Le rapport identifie trois priorités urgentes : créer un système indépendant de surveillance des risques de pandémie, garantir un financement solide pour la prévention et la réponse immédiate, et promouvoir un accès équitable aux vaccins, aux diagnostics et aux traitements en concluant l'Accord mondial sur les pandémies.
L’un des plus grands obstacles à la conclusion de la négociation de cet accord est le désaccord qui prévaut entre les pays sur le système qui réglementera l’accès aux agents pathogènes (virus, bactéries, échantillons biologiques ou autres) et sur la manière dont sera réparti le bénéfice tiré des informations qui peuvent en être extraites.





