Qu’arrivera-t-il aux travailleurs de Seat en Espagne si Volkswagen élimine la marque en 2029 ?

La possible disparition de Seat en tant que marque automobile fin 2029 ouvre un scénario qui va bien au-delà de l’arrêt de voir les nouvelles Ibiza ou León chez les concessionnaires. L'Espagne abrite une partie fondamentale de la structure industrielle de l'entreprise et des milliers de travailleurs dépendent directement ou indirectement de son activité.

Selon des informations publiées ce jeudi par l'hebdomadaire économique allemand WirtschaftsWoche, le conseil d'administration de Volkswagen envisage de retirer progressivement Seat dans le cadre du vaste programme de réduction des coûts que prépare le constructeur allemand. La décision doit encore passer par le conseil de surveillance et ne peut être rendue définitive.

L'objectif serait de réduire les marques, les modèles et les investissements et de concentrer une bonne partie des efforts qui incombent actuellement à Seat sur Cupra, qui est devenue un élément de plus en plus important dans la stratégie du groupe.

Mais si Seat disparaît finalement, qu’arrivera-t-il à ses usines et à ses travailleurs en Espagne ?

La disparition de Seat ne signifie pas forcément la fermeture de ses usines

C’est probablement la principale différence à prendre en compte. Seat est une marque, mais SEAT SA est l'entreprise industrielle qui travaille actuellement avec Seat et Cupra.

L'entreprise a son siège à Martorell (Barcelone) et conçoit, développe et fabrique des véhicules depuis ses installations espagnoles. La propre structure de production de SEAT SA montre à quel point les deux marques sont déjà intégrées.

À Martorell, les Seat Ibiza, Arona et León sortent actuellement des chaînes de production, mais aussi les Cupra León et Cupra Formentor, en plus de l'Audi A1. L'entreprise dispose également du centre de composants El Prat de Llobregat et d'autres installations liées à son activité.

Par conséquent, le fait que Volkswagen retire progressivement les voitures portant le logo Seat n’implique pas en soi qu’elle cessera de produire des voitures en Espagne.

Le changement serait davantage lié aux véhicules qui quittent ces usines et sous quelle marque ils le font.

Cupra pourrait être la clé pour les travailleurs de Seat

L'engagement de Volkswagen envers Cupra est précisément l'un des éléments qui peuvent déterminer l'impact social de l'opération en Espagne.

La marque est née en 2018 en tant que spin-off de Seat et depuis, elle a progressivement pris de l'importance au sein du groupe. Les informations connues sur les projets de Volkswagen indiquent désormais que le développement stratégique se concentrerait sur Cupra tandis que Seat disparaîtrait progressivement.

Cela ouvre la possibilité qu'une partie importante des infrastructures et des emplois actuellement associés à Seat continuent d'être liés à la production d'autres véhicules du groupe.

Martorell est déjà un bon exemple. Les modèles Seat, Cupra et Audi cohabitent actuellement dans les mêmes installations, l'usine ne dépend donc pas exclusivement de la continuité commerciale de la marque espagnole historique.

Des milliers d'emplois en attendant les plans de Volkswagen

La dimension sociale explique pourquoi tout mouvement concernant Seat revêt une importance particulière en Espagne.

Les informations disponibles situent plus de 15 000 personnes employées par Seat, tandis que l'entreprise maintient une importante structure industrielle autour de Barcelone.

À cela s'ajoute la présence du groupe Volkswagen à Landaben (Navarre), une autre de ses grandes installations espagnoles.

Pour l'instant, cependant, aucune information ne permet d'affirmer que la disparition de Seat entraînera des licenciements spécifiques en Espagne. Les ajustements étudiés par Volkswagen affectent l'ensemble du groupe et les décisions connues en matière de fermeture d'usines se concentrent principalement sur l'Allemagne.

Le conseil de surveillance doit analyser ce vendredi un plan qui envisage même la possible fermeture de quatre usines allemandes et de nouvelles suppressions d'emplois à l'échelle mondiale. Les représentants des travailleurs et le syndicat IG Metall ont déjà manifesté leur opposition aux projets promus par le PDG Oliver Blume.

Volkswagen prépare une transformation bien plus grande que Seat

La possible disparition de la marque espagnole s’inscrit dans un problème plus large.

Volkswagen fait face à une période marquée par la concurrence des constructeurs chinois, la perte de ventes en Chine et les droits de douane américains, autant de facteurs qui mettent sous pression les résultats du constructeur allemand.

Le groupe étudie depuis des mois une réduction de sa structure. Parmi les projets connus, il y a celui de réduire considérablement son offre de modèles et de versions et de réduire sa capacité de production pour l'adapter à la baisse des ventes.

L’entreprise vise 2030 pour achever une grande partie de cette transformation.

Seat va-t-il alors disparaître d’Espagne ?

Pour l’instant, il n’y a pas de décision définitive. Ce qui est proposé est le retrait progressif de Seat en tant que marque, avec la fin 2029 comme horizon, mais le plan doit encore surmonter des étapes internes au sein de Volkswagen.

Et même si cela se concrétisait finalement, cela ne signifierait pas nécessairement la fin des usines espagnoles ou de SEAT SA.

Pour les travailleurs espagnols, la question décisive ne sera donc pas seulement de savoir si le logo Seat disparaîtra des nouvelles voitures à partir de 2029. Il s'agira également de savoir quels modèles Volkswagen décidera d'attribuer à ses usines espagnoles et quel rôle elle réservera à Martorell et au reste de sa structure industrielle au sein du groupe.

IRESTE, plus connu sous le nom d'Institut de Recherche d'Enseignement Supérieur aux Techniques de L'électronique, est un média spécialisé dans le domaine de l'électronique.