Le mouvement éveillé, de son boom universitaire à sa dictature et à son effondrement

Le wokisme n’aurait pas été aussi fort sans l’impulsion de l’élite universitaire, mais il ne s’agit pas d’une conspiration parfaitement planifiée contre l’Occident, mais plutôt d’un aspect suicidaire de la culture occidentale. José María Carabante le raconte dans cet essai qui révèle l'origine, la montée, la dictature et l'effondrement du woke. Le plus intéressant, de mon point de vue, est la description du rôle des universités dans ce gâchis. L’idée est que certains professeurs de sciences humaines et sociales voulaient conserver leur influence en transformant les « études culturelles » en revendications politiques raciales, ethniques, sexuelles et de genre. Cela a conduit au remplacement de la science par l’identité et les émotions, et a détruit la vérité et l’objectivité.

Ressentiment

Avec le « tournant culturel », tout est devenu relatif, et là les professeurs de gauche sont devenus forts. Ils ne pouvaient pas rivaliser avec la science ou la technologie, et ils ont forgé des générations universitaires d’activistes éveillés. C'était, dit Carabante, « la manifestation du ressentiment des mandarins ou de la classe intellectuelle ».

De cette manière, les Facultés des Sciences Humaines et Sociales sont devenues des usines à révolutionnaires et ont fini par être dominées par une élite « transformatrice » et « juste », c’est-à-dire réveillée. Cette dictature des « théories critiques » a provoqué une autocensure parmi les enseignants et les étudiants afin de ne pas déranger ceux qui commandent, embauchent et donnent des notes.

Cette hégémonie est visible dans le financement des publications, des projets et des activités académiques. Le wokisme, conclut Carabante, est totalitaire dans ses efforts pour « détruire la civilisation occidentale », c'est pourquoi il propose une œuvre individuelle de réunion avec la beauté de ce monde, la recherche du bien, un libéralisme qui ne renonce pas à la vérité, la solitude pour se plonger dans les livres « élevés » et la philosophie « rigoureuse ».

En réalité, ce que fait José María Carabante, c’est nous appeler à ne pas abandonner la culture à cause de la pression institutionnelle ou de l’autocensure.

Note : 9/10

Le meilleur : Le mélange d’érudition et d’aménité transforme un sujet aride en aventure intellectuelle

Le pire : l’erreur de négliger le rôle de la presse et de la législation pour que la haute culture reprenne du terrain

IRESTE, plus connu sous le nom d'Institut de Recherche d'Enseignement Supérieur aux Techniques de L'électronique, est un média spécialisé dans le domaine de l'électronique.