Lors d'une expédition dans la mer de Weddell, en Antarctique, un groupe de scientifiques a fait une découverte inattendue. En recherchant l'historique HMS Endurance, qui a fait naufrage en 1915, ils ont découvert des centaines de nids de poissons cachés sous la banquise Larsen C.
La zone est devenue accessible après la mise bas de l'iceberg A68 en 2017. En janvier 2019, l'équipage embarque à bord du navire de recherche SA Agulhas II pour une mission de 49 jours. Bien que la glace marine ait empêché une recherche complète du navire, l’équipe a documenté des images inédites du fond de l’océan.
À l’aide du rover Lassie, les chercheurs ont capturé plus de 1 000 cavités circulaires dans les sédiments, habitées par l’espèce Lindbergichthys nudifrons, connue sous le nom d’albacore ou d’aiguillat commun. Les structures étaient organisées selon des formes géométriques complexes, telles que des croissants, des ovales, des figures en forme de U et des arrangements isolés.
Les scientifiques ont déterminé que les nids les plus courants étaient des agglomérats, qui représentaient 42 % du total. Ces groupes formeraient une défense collective contre les prédateurs tels que les ophiures et les vers à ruban. Selon l'étude, ces derniers localisent les œufs à l'aide de signaux chimiques, et les groupes pourraient rendre cette tâche plus difficile.
Les spécimens mâles de cette espèce protègent les nids pendant environ quatre mois, protégeant les œufs d'éventuelles menaces. Les nids isolés, en revanche, appartiennent généralement à des poissons plus gros, capables de se défendre.
Les images montraient également des larves à l’intérieur des nids. Ce comportement reproductif est interprété comme l’expression de la « théorie du troupeau égoïste », selon laquelle les individus cherchent à se situer parmi les autres pour réduire le risque d’être prédateur.
Des recherches antérieures avaient déjà détecté des comportements similaires dans la zone, où vivent des espèces telles que le poisson des glaces, caractérisé par son sang transparent. Les chercheurs ont noté que la répétition de ces résultats suggère un écosystème plus complexe qu’on ne le pensait auparavant.
Les résultats soutiennent les efforts visant à établir une zone de protection marine dans la mer de Weddell. Cette proposition est en cours d'analyse par la Commission pour la conservation de la faune marine de l'Antarctique.
Bien que l'expédition n'ait pas réussi à retrouver l'Endurance – localisé jusqu'en 2022 – la découverte des nids représente une avancée significative dans la connaissance de la biodiversité des eaux antarctiques.
La découverte a eu lieu dans une zone qui est restée enfermée sous une couche de glace de 200 mètres pendant des milliers d’années. Son ouverture, après la mise bas de l'iceberg A68, a permis d'étudier comment la vie marine réagit aux changements environnementaux extrêmes.
La précision de la répartition des nids, observée à l'aide d'un robot sous-marin, a révélé une colonie organisée presque comme une ville sous-marine, ce qui a suscité un intérêt international pour la conservation de cet écosystème fragile.





