La préparation d'un testament est l'une des tâches les plus compliquées, car non seulement il faut déterminer qui conservera les biens et la richesse, mais il faut également les répartir équitablement pour éviter l'apparition de conflits. Si beaucoup choisissent de faire don de leurs biens à leurs enfants avant leur décès, d’autres envisagent de les déshériter en raison de contestations ou d’abandons.
En Espagne, déshériter un enfant est une tâche complexe puisque, selon le Code civil, il doit recevoir au moins un tiers de l'héritage total, c'est-à-dire l'héritage strictement légitime. Cependant, l'avocat spécialisé en économie et succession, David Jiménez, explique dans une de ses publications qu'il existe un moyen d'y parvenir au cas où le motif derrière cette décision serait l'abandon des enfants envers leurs parents.
« Mon fils ne m'a pas parlé depuis 3 ans, puis-je le déshériter ? » C’est la question que le juriste pose à ses adeptes et éventuels futurs clients. La réponse : cela dépend. Eh bien, il existe certaines causes qui, si elles sont prouvées, pourraient valider cette procédure judiciaire exceptionnelle. L'une de ces causes, et celle liée à ce problème, serait de prétendre avoir subi un « abus psychologique » de la part du futur héritier.
L'avocat explique que les violences psychologiques doivent être démontrées et être directement imputables à l'héritier
« En principe, cela ne constitue pas en soi une cause de déshéritage », explique-t-il, et sur la majeure partie du territoire espagnol, la validité de la procédure n'a pas pu être obtenue à cause de ce problème. Cependant, grâce à l'arrêt STS 865/2025 de la Cour suprême, la possibilité de violence psychologique existerait. « Si le fait de ne pas communiquer avec vous ou d'entretenir une quelconque relation est une cause imputable à votre enfant et qu'il vous cause des dommages psychologiques importants (…) il peut y avoir une voie vers le déshéritage. »
Il rappelle toutefois que ce préjudice psychologique doit pouvoir être démontré, « car le simple manque de relation n'est pas une cause suffisante pour déshériter un enfant ». Cependant, il assure qu'en Catalogne et dans certains territoires provinciaux, ce processus peut être un peu plus facile à réaliser, puisque, comme il l'explique, le concept suivant apparaît dans le Code civil : « L'absence manifeste et continue de relation ».
Pour que la Cour suprême considère qu'il y a abus psychologique et, par conséquent, approuve le processus de déshéritage, il faut que l'abandon ait causé un réel dommage émotionnel et que celui-ci ait été causé directement par l'héritier. De plus, ce dommage doit être étayé par les antécédents médicaux et le comportement documenté du défunt, c'est-à-dire de la personne qui concède l'héritage.
Autres raisons pour lesquelles il est valable de déshériter en Espagne et comment l'inscrire dans le testament
D'autres causes pour lesquelles il est légitime de déshériter un enfant figurent dans les articles 848 et 856 du Code civil. Outre les violences physiques, elle peut également être validée s'il est démontré que des blessures graves ou des humiliations ont été subies par les héritiers ; le refus de la pension alimentaire chaque fois qu'il existe une obligation, de la part du successeur, de la verser au défunt ; et le non-respect des obligations de soins et d'assistance lorsque celles-ci sont nécessaires.
Toutes ces questions peuvent également s'appliquer aux mineurs, à condition qu'ils soient démontrables et qu'il existe un contrôle judiciaire permettant de garantir et de protéger leurs droits. Cependant, le processus de déshéritage ne se termine pas lorsque les causes juridiques pour lesquelles il peut être validé sont démontrées, mais il doit être clairement et directement indiqué dans le testament.
Lorsque vous vous adressez au notaire ou à l'avocat pour rédiger ledit document, il doit enregistrer l'identité du successeur qui va être déshérité et la raison pour laquelle cela va être fait. En outre, il est conseillé de conserver et de compiler toute la documentation faisant référence aux preuves fournies lors du processus de validation de ladite procédure judiciaire exceptionnelle, afin d'éviter que la personne déshéritée ne réclame l'héritage à l'avenir. Un processus long et complexe pour lequel il est nécessaire de consulter un avocat spécialisé.





