Le ministère des Affaires étrangères œuvre activement pour qu'Israël libère Saif Abukeshek, le militant espagnol d'origine palestinienne détenu alors qu'il se trouvait à bord de la flottille Global Sumud. Une fois libéré, ce qui n'arrivera pas avant dimanche, il pourra être rapatrié en Espagne et ce sera le gouvernement qui supportera les frais dudit rapatriement. La procédure sera la même que celle qui a eu lieu l'année dernière avec les 50 Espagnols qui ont également été arrêtés lorsque les autorités israéliennes sont montées à bord de la flottille.
Cependant, le privilège de faire prendre en charge les frais de rapatriement par l’État n’est pas applicable à toutes les situations d’urgence. Par exemple, en 2024, la famille d'Ángela Agudo, une jeune fille de 24 ans tombée dans le coma après un accident de moto en Thaïlande, a dû récolter 300 000 euros pour la ramener.
Malgré cette nette différenciation, le gouvernement n'entend pas élargir la gamme des situations d'urgence dont l'aide est financée par l'État. Ceci est déduit d'une réponse parlementaire émise par l'Exécutif et à laquelle LA RAZÓN a eu accès.
En mars dernier, le PP au Congrès des Députés a déposé une question écrite dans laquelle il dénonçait que le gouvernement « a agi avec des priorités très discutables dans la fourniture de l'aide consulaire aux Espagnols à l'étranger ». Leur argument était que l'ordonnance AUC/154/2022 signée par José Manuel Albares, qui établit dans quels cas l'État verse des aides non remboursables et dans quels cas l'argent doit être restitué, génère des inégalités.
Concrètement, dans ses articles 5.1 et 5.2, l'Ordonnance stipule que toute aide est remboursable (c'est-à-dire qu'elle est à la charge des intéressés) à l'exception de « la subsistance, l'aide aux personnes détenues, l'aide à l'inhumation ou à la crémation, l'aide extraordinaire (…) pour la fourniture d'une assistance psychologique d'urgence et l'aide aux mineurs ».
Cela signifie que les Espagnols détenus à l'étranger, comme les membres de la Flottille, peuvent être rapatriés gratuitement, mais si quelqu'un est malade et a besoin, par exemple, d'un avion médicalisé pour rentrer, il doit payer de sa poche.
Dans sa question parlementaire, le PP indique au Gouvernement s'il envisage de modifier la réglementation de cette aide, « afin que les personnes rapatriées parce qu'elles sont retenues ne bénéficient pas de conditions plus avantageuses par rapport aux autres personnes rapatriées pour d'autres raisons, y compris celles d'ordre sanitaire ». Le PP demande également à l'Exécutif de rendre publiques les considérations juridiques que le Conseil d'État a apportées audit arrêté. Bien qu’ils ne soient pas connus, on sait qu’ils existent car le texte de la norme lui-même le reconnaît.
Le gouvernement a cependant été très bref dans sa réponse. Selon lui, l'Ordonnance sur les Affaires étrangères « établit des exigences formelles claires qui constituent l'élément fondamental pour déterminer les éventuels bénéficiaires ». Ils ajoutent également que l'Ordre comprend « une procédure très spécifique pour sa gestion, ainsi qu'une série de modalités d'aide bien définies ». C’est-à-dire que les conditions sont ce qu’elles sont et qu’aucune modification n’est prévue. Concernant le Conseil d'État, ils ne répondent même pas.





