Qu’est-ce que l’itinéraire Ro-Ro ? C'est l'alternative au détroit d'Ormuz

La tension dans le détroit d’Ormuz oblige les entreprises et les gouvernements à rechercher des solutions urgentes. Cette étape stratégique, clé pour le transport d'énergie et de marchandises entre l'Asie et l'Europe, est devenue un point critique en raison du conflit entre l'Iran et les États-Unis.

Les conséquences incluent une diminution du trafic maritime, des assurances déclenchées et une pression croissante sur les chaînes logistiques internationales.

Le détroit d’Ormuz, un goulot d’étranglement de plus en plus coûteux

Depuis des années, le passage par le détroit est pratiquement obligatoire pour relier le golfe Persique à l’Europe. Aujourd’hui, la situation a changé. L’insécurité dans la région a considérablement réduit le transit des navires, tandis que les primes de risque de guerre sont passées de niveaux résiduels à plusieurs fois.

Cette augmentation des coûts a un effet domino. De nombreuses entreprises ont commencé à repenser leurs itinéraires habituels, et certaines ont même opté pour des solutions plus coûteuses, comme le transport aérien, pour garantir des livraisons urgentes. Le résultat est un système logistique plus sollicité et moins efficace.

Qu’est-ce que la route Ro-Ro et comment ça marche ?

Dans ce scénario, naît ce que l'on appelle la route Ro-Ro (Roll-on/Roll-off), un modèle qui combine le transport maritime et terrestre pour éviter le passage par le détroit.

Le fonctionnement est simple : des camions chargés de marchandises embarquent directement sur des navires spécialisés, traversent la Méditerranée et poursuivent leur route par la route jusqu'à leur destination. Dans ce cas, la route relie le port égyptien de Damiette à celui de Trieste, en Italie.

De là, les marchandises continuent par voie terrestre jusqu'à la mer Rouge, où elles reprennent le transport maritime vers des pays comme les Émirats arabes unis, Oman ou le Qatar.

Ce système réduit non seulement l'exposition aux zones de conflit, mais il raccourcit également les délais de livraison sur certains itinéraires et offre une plus grande prévisibilité des opérations.

L'Egypte se positionne comme une nouvelle plateforme logistique

L’engagement en faveur de cette alternative bénéficie d’un fort soutien politique. Le Premier ministre égyptien Mostafa Madbouly a défendu le corridor dans le cadre d'une stratégie nationale visant à faire du pays une plaque tournante logistique entre l'Europe, l'Afrique et le Moyen-Orient.

Depuis son lancement fin 2024, le tracé prend du poids. Actuellement, sa capacité est d'environ 420 camions par semaine et commence à s'imposer comme une option viable, notamment pour les marchandises urgentes.

Cette décision intervient à un moment délicat pour l'Égypte, qui a vu les revenus du canal de Suez diminuer en raison de la réduction du trafic maritime mondial. La route Ro-Ro apparaît ainsi comme une opportunité de reprendre de l’importance dans le commerce international.

Est-ce la solution définitive ?

Même si le corridor Ro-Ro gagne du terrain, il ne constitue pas la seule alternative en jeu. D’autres pays explorent des options telles que des oléoducs ou de nouvelles routes maritimes évitant le détroit d’Ormuz. Le problème est que bon nombre de ces solutions présentent des limites telles qu’une capacité inférieure, des coûts plus élevés ou des risques similaires.

Dans ce contexte, la route Ro-Ro se distingue par sa flexibilité et sa rapidité de mise en œuvre, même si elle est encore loin de remplacer complètement les routes traditionnelles.

Ce qui semble clair, c’est que la carte du commerce mondial est en train de changer. Et dans ce nouveau scénario, l’Égypte tente de transformer une crise en une opportunité stratégique qui pourrait redéfinir son rôle dans le transport international à long terme.

IRESTE, plus connu sous le nom d'Institut de Recherche d'Enseignement Supérieur aux Techniques de L'électronique, est un média spécialisé dans le domaine de l'électronique.