Le printemps sera celui de la passion et de la tension entre le sanchismo-socialisme andalou. Et des ennuis se préparent entre Sanchistas Luis Planas (ministre de l'Agriculture, de la Pêche et de l'Alimentation) et María Jesús Montero, toujours vice-présidente et ministre des Finances, ainsi que candidate socialiste dans cette communauté, qui organisera des élections dans un peu plus de deux mois. En cause, la distribution des 2,121 millions d'euros promis en aide directe aux agriculteurs et aux éleveurs d'Andalousie et d'Estrémadure, touchés par le train de tempêtes de l'hiver dernier. L’histoire est longue et son « cela » repose sur trois mots : « régime de minimis ».
Le gouvernement de Pedro Sánchez a vu une opportunité électorale dans les dégâts causés par le train de tempêtes dans les campagnes andalouses, à la veille des élections régionales, et s'est mis au travail. D’un côté, Planas a poussé son groupe de hauts responsables de l’Agriculture, dirigés par le sous-secrétaire Ernesto Abati García-Manso, à concevoir un puissant programme d’aide. Pour cela, il fallait de l'argent, et il n'y a eu aucun problème pour obtenir un prêt extraordinaire du ministère des Finances d'un montant de 2,121 millions, que Montero a « débloqué » plus facilement que prévu, pour irriguer un bon nombre d'agriculteurs en Andalousie pendant la campagne électorale, avec elle comme candidate socialiste. Premier fait que l'on pourrait qualifier de frappant : ces 2,121 millions représentent un montant bien supérieur à celui alloué à l'Agriculture dans les derniers Budgets Généraux de l'Etat, qui s'élèverait à 1,5 milliard d'euros dans le meilleur des cas. C'est l'argent que l'Espagne fournit, sans tenir compte des éléments qui arrivent de Bruxelles dans le cadre de la Politique Agricole Commune (PAC).
Le deuxième fait frappant se trouve dans le texte du décret-loi royal approuvé par le gouvernement le mois dernier et publié au BOE le 19 février, qui a été validé la semaine dernière au Congrès. Ce règlement institue « des aides extraordinaires pour compenser la perte de revenus dans les exploitations agricoles et aquacoles concernées, qui seront accordées dans le cadre du système d'aides de minimis », d'un montant minimum de 5 000 euros et d'un maximum de 25 000 euros. Le régime susmentionné est prévu dans la réglementation européenne et ouvre la possibilité aux États membres de verser une aide nationale pour un montant maximum. Dans le cas de l'Espagne, la limite est fixée à 1,2 milliard pour une période de trois ans. Le problème est que notre pays a déjà dépensé environ 850 millions, il n'y aurait donc qu'un solde de 350 millions par rapport aux 2 121 susmentionnés que le gouvernement a l'intention de payer. Et voici la grande question : comment va-t-on résoudre ce plan « bâclé » de Planas et de sa bande, qui pourrait avoir un impact sur la campagne électorale de Montero ?
Il y a bien plus dans ce feuilleton qui ne fait que commencer. Le ministre de l'Agriculture (ainsi que le ministre des Finances) ont réitéré qu'en mars la liste des bénéficiaires serait fermée, qu'ils n'auraient pas à remplir de formalités administratives et que l'argent arriverait sur les comptes des agriculteurs et des éleveurs en avril, c'est-à-dire quelques semaines avant le début de la campagne électorale en Andalousie. L'annonce du « paquet Planas-Montero » avec cette mesure a suscité beaucoup d'attentes et aussi de malaise parmi les habitants de la campagne andalouse pour plusieurs raisons. Premièrement, en raison du système de distribution et, deuxièmement, en raison du champ d'application géographique, puisque de nombreuses exploitations agricoles dans des provinces comme Almería, Granada ou Málaga, entre autres, qui ont également subi des dommages et dans lesquelles des manifestations de protestation ont déjà été enregistrées, ont été laissées de côté.
Que se passera-t-il si les promesses ne sont pas tenues et que la somme d’argent promise, les 2,121 millions bénis, n’arrive pas aux dates et délais prévus ? Eh bien, il n'est pas risqué de dire que cette possibilité, certes, à moins d'utiliser le système de minimis, pour lequel il faudrait modifier le décret-loi royal validé la semaine dernière, aura un impact significatif sur la campagne électorale et détériorera les relations, déjà malmenées, entre ces deux piliers du social-sanchisme andalou, comme Montero et Planas. D'ailleurs, nous connaissons déjà les raisons cachées de certains de ses derniers et étranges voyages, comme celui au Mexique : pour recueillir des soutiens en faveur de sa candidature au poste de directeur général de la FAO, pendant que nous, Espagnols, payons pour sa campagne de voyage.





