Le Congrès dit non à la réduction de la TVA sur les produits alimentaires mais oui à la protection du catalan

Le Congrès des députés tiendra jeudi sa dernière séance plénière de l'année 2025 et, parmi quelques défaites parlementaires garanties, le gouvernement obtiendra que la Chambre basse approuve sa loi sur le service à la clientèle. C'est l'un des cinq règlements dont Junts a décidé d'épargner la vie en annonçant, début novembre, le blocage absolu des initiatives de l'exécutif.

Le texte verra le jour, bien entendu, sans inclure la réduction de TVA sur les produits alimentaires de base que le Sénat avait approuvée. Mais ce que les groupes parlementaires espèrent, c'est que la majorité des investitures s'unissent, ce qui est rare désormais, pour protéger le service client dans les langues co-officielles.

En septembre, on a appris que le gouvernement avait conclu un accord avec Junts selon lequel les entreprises de plus de 250 salariés, celles ayant un chiffre d'affaires de plus de 50 millions ou celles qui opèrent dans des secteurs d'intérêt général devraient offrir la possibilité de servir leurs clients en catalan, en basque ou en galicien, en plus de l'espagnol. Le champ d'application s'étendrait à toute l'Espagne.

Le Congrès a approuvé la règle et l'a transmise au Sénat, où le PP a profité de sa majorité absolue pour inclure jusqu'à 50 amendements au texte. L'un d'eux cherchait à respecter l'obligation de servir les clients dans les langues co-officielles, mais exclusivement dans les entreprises qui ont leur siège ou leurs établissements dans les communautés autonomes dans lesquelles ces langues sont officielles. « En dehors de ce périmètre territorial, les entreprises seront seulement obligées de garantir une attention en espagnol », peut-on lire. Cela a également éliminé la nécessité pour les travailleurs de suivre une formation préalable dans les langues co-officielles. Mais plusieurs sources parlementaires supposent que, grâce à l'intérêt de Junts, la majorité d'investiture unira ses votes pour rejeter ces amendements aujourd'hui.

En parallèle, le PP a également profité de sa majorité à la Chambre haute pour introduire une réduction de TVA à 4% sur la viande, le poisson et les conserves, ainsi que pour supprimer la taxe sur le lait, le fromage, les œufs, les fruits et légumes, les légumineuses et les légumes. La réduction s'appliquerait du 1er janvier au 30 juin 2026. Le parti d'Alberto Núñez Feijóo dénonce depuis un certain temps l'augmentation du prix du panier et défend que l'Exécutif devrait percevoir moins sur ces produits. En fait, en mars, il avait déjà présenté un amendement identique et il subit aujourd'hui le même sort qu'à l'époque : il fait l'objet d'un veto.

Le gouvernement a profité de son droit de veto sur les initiatives ayant un impact budgétaire pour le renverser. Autrement dit, ils peuvent tuer toute initiative entraînant une réduction des revenus ou une augmentation considérable des dépenses. Dans ce cas, la Moncloa a calculé que l'initiative entraînerait un impact de 3 780 millions d'euros et la majorité du PSOE et de Sumar au Conseil du Congrès ont approuvé le veto, permettant le rejet de l'amendement.

Mais malgré ce droit, il n’existe pas de consensus sur le fait que le gouvernement puisse opposer son veto à un amendement du Sénat au Congrès. Le PP défend que ces amendements devraient faire l'objet d'un veto à la Chambre haute, mais comme le Parti populaire y détient la majorité au Conseil, il lève le veto. C'est la quatrième fois au cours de cette législature que le gouvernement rejette des amendements de la Chambre haute à la Chambre basse et c'est l'une des principales raisons de l'affrontement entre les deux Chambres.

Sans aller plus loin, la semaine dernière, le Sénat a approuvé un nouveau conflit de pouvoirs (le septième jusqu'à présent dans la législature) parce que le gouvernement a opposé son veto, par l'intermédiaire du Conseil du Congrès, à une série d'amendements du Sénat à la loi sur la mobilité durable. Des sources proches de la direction de la Chambre basse assurent que ce type de veto est conforme à la doctrine de plusieurs arrêts de la Cour constitutionnelle, mais il ne s'agit pas d'une opinion unanime.

En mars, lorsque le Congrès a opposé son veto à une réduction de la TVA sur les produits alimentaires identique à celle actuelle, l'avocat principal, Fernando Galindo, nommé par le gouvernement lui-même, a assuré que la décision de veto était contraire à la doctrine de la Cour constitutionnelle. Il a donc été ignoré car sa recommandation n’était pas contraignante, mais consultative. Depuis, cette pratique est déjà devenue la norme.

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