Si le département de Mónica García, qui fête ces jours-ci ses deux ans de ministre, a été caractérisé par quelque chose, c'est bien par sa « vorace » législative. Elle et son lieutenant, Javier Padilla, ont annoncé une douzaine de projets, parmi lesquels des lois et des décrets, que la rupture entre Junts et Pedro Sánchez a transformé en lettre morte.
Le parti de Puigdemont a annoncé jeudi dernier qu'il présenterait « des amendements à tous » 100% des projets juridiques du gouvernement au Congrès des députés. Ce sont 20 lois qu’il souhaite abroger au plus vite.
Parmi les réglementations les plus touchées dans le domaine de la santé figurent trois des plus avancées en matière de traitement : la loi sur l'universalité du système national de santé (SNS), qui garantit aux immigrés des soins de santé sans restrictions ; la Loi Équité et Cohésion, une mise à jour de la loi de 2002 que Sumar avait divisée en deux – d'une part l'équité et de l'autre la cohésion – pour voir si elle pouvait être appliquée plus tôt ; et la loi sur l'alcool et les mineurs, qui visait à restreindre l'accès des adolescents à ces boissons. Tous seront désormais confrontés à un amendement sur la décentralisation, qui pourrait avoir le soutien du PP et de Vox, et renverser leur débat parlementaire.
Le blocus affecte également les initiatives que Mónica García envisageait de présenter au Conseil des ministres avant la fin de l'année. Trois textes centraux se démarquent : la nouvelle Loi Médicament, le décret relatif aux Nouvelles Technologies de Santé et le Statut Cadre des personnels de santé du SNS.
Le Plan stratégique pour l'industrie pharmaceutique, sur lequel le secteur et les autonomies travaillaient depuis environ un an, est également en suspens.
L’impact s’étend à d’autres lois que le département espérait faire voter dans les prochains mois, comme la loi anti-tabac, la loi sur la santé numérique ou encore la loi sur les droits des patients. Aucun d'entre eux ne poursuivra son cours tant que Junts maintiendra sa position de blocage généralisé des propositions de l'exécutif.
Les dernières explosions de la ministre, comme les menaces contre les ministres de la Santé du PP (et surtout contre Madrid, son obsession) à propos de la crise du dépistage, sont mieux comprises dans ce contexte.





