« L'Intérieur peut-il confirmer s'il y a des membres de la Garde civile sans gilets assignés individuellement, en indiquant le nombre de troupes, d'unités et la cause touchées ? Quel délai le ministère fixe-t-il pour garantir une provision individuelle à 100% et quel budget y est alloué ? » Pour la énième fois, le ministère dirigé par Fernando Grande-Marlaska est obligé de répondre à ces questions. La raison ? Leur « déformation » de la réalité et leur méconnaissance des agents qui, à maintes reprises, ont dénoncé le manque de gilets pare-balles à usage individuel.
À la demande du PP, l'Exécutif a répondu à ces questions au Congrès des députés, en comparant la situation actuelle avec celle héritée de 2018 (avec Rajoy au gouvernement). Ensuite, les gilets étaient « insuffisants et un grand nombre de ceux existants étaient périmés ou défectueux ». Dans sa réponse parlementaire, le ministère de l'Intérieur a démenti les gardes civils et affirmé « avoir acquis, reçu et distribué depuis 2028 un nombre important de gilets pare-balles, anti-couteaux et anti-crevaison : 68.198 unités dans la Police nationale et 69.370 dans la Garde civile ».
De plus, le ministère de Grande-Marlaska recourt à la rhétorique pour tenter de convaincre l'auditoire. Ainsi, il précise que « l'affectation des équipements et des moyens matériels est encadrée dans les plans génériques existants du complexe, qui incluent les aspects les plus pertinents tant du point de vue opérationnel que logistique-budgétaire. L'ensemble des besoins est soumis à un processus exhaustif de planification et d'analyse dans chaque cas qui se termine par la priorisation de tous les besoins en réponse à l'importance, à l'entité ou aux circonstances imprévues qui, le cas échéant, peuvent survenir, afin d'éviter des dysfonctionnements ou des déséquilibres entre les différentes unités.
Obligé de partager des gilets pare-balles
Rhétorique qui se perd en chemin, puisqu'aujourd'hui, les associations professionnelles continuent de dénoncer qu'« il existe des agents de la Garde civile sans gilets pare-balles à usage individuel qui doivent les partager, ce qui représente un grave manque de protection ».
Malgré cela, dans sa réponse parlementaire au Sénat, l'Exécutif affirme que l'acquisition du matériel policier pour les forces et corps de sécurité de l'État, y compris les gilets pare-balles, est effectuée « de manière centralisée pour l'ensemble de chaque force policière, puis distribuée selon les besoins prioritaires de chacune des unités fonctionnelles et territoriales ». Concrètement, ils soulignent qu'à la Direction générale de la Garde civile, près de 82 millions d'euros ont été investis dans du matériel de protection pour les agents de 2019 à cette année.
« Près de 20 millions ont été destinés à l'acquisition de gilets pare-balles, auxquels il faut ajouter près de 300 000 euros de gilets anti-fragments et 800 000 autres de gilets anti-traumatismes. Par ailleurs, il faut noter que, pour la première fois, il existe des gilets spécifiquement adaptés à l'anatomie féminine », soulignent-ils de l'Intérieur.
Bref, face aux critiques et aux plaintes de la garde civile, le gouvernement montre le torse et se vante d'une « augmentation des moyens matériels ». En données (selon l'Exécutif) : la Garde Civile disposerait de plus de 61 000 gilets pare-balles dans tous les commandements qui constituent le déploiement territorial de l'Institut Armée, tous pendant leur durée de vie utile. Bien que ce chiffre soit variable en fonction des acquisitions et des cessions. L'Intérieur tranche ainsi le débat, avec une nuance, en assurant que tous les agents de la Garde civile « dont la mission nécessite cet équipement » en disposent.





