Pour la sixième année consécutive, l'exécutif de Pedro Sánchez donne une nouvelle fois « non » aux demandes de la police nationale et refuse d'augmenter le budget prévu pour son programme d'aide à l'action sociale. Concrètement, sauf surprise de dernière minute, le ministère de l'Intérieur allouera 11,17 millions d'euros pour couvrir les besoins des agents de santé, d'éducation, de conciliation, de logement, de transport, de handicap… un chiffre qui semble insuffisant si l'on prend en compte les 3,1 millions que le gouvernement a toutefois alloués à « l'autonomisation des femmes en Egypte ».
Sans compter qu'au cours des 15 dernières années, cette aide a subi une forte réduction de 73,6% et tout cela malgré l'augmentation du coût de la vie. En 2011, le budget de ce programme s'élevait à 42,3 millions d'euros, mais un an plus tard, il a subi une réduction de 50 %, pour atteindre 21,1 millions. Une tendance qui s'est poursuivie en 2013, réduisant le montant à 10,5 millions. Pendant huit ans, sous les gouvernements du PP puis du PSOE, ce montant a été gelé et en 2021, il a connu une légère augmentation jusqu'à atteindre le chiffre actuel de 11,17 millions. Depuis, les socialistes ont gelé jusqu'à six fois l'attribution des aides sociales aux agents, malgré la hausse des prix et le coût de la vie élevé.
A ce stade et avec les chiffres en main, le moins important pour les agents est qu'il soit rendu public maintenant que l'Exécutif a alloué de l'argent à « l'autonomisation » des femmes en Egypte ou que le ministre de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a donné l'année dernière 4,12 millions d'euros au Maroc pour des systèmes de vidéosurveillance tout en gelant une fois de plus le budget de l'aide à la police… car il y aura toujours « quelque chose ». Le vrai problème est, selon lui, le « mépris constant » de l'Exécutif envers les Forces et Organismes de Sécurité de l'État.
Mépris des droits des policiers
« Ce matin se matérialise le énième mépris du ministère de l'Intérieur envers nos droits professionnels, qui, en plus, a un impact direct sur nos familles », dénonce la Confédération espagnole de la police (CEP), avant une réunion au cours de laquelle, pour la sixième année consécutive, elle présentera aux syndicats le même budget gelé. Un chiffre ridicule, selon lui, puisqu'il représente en moyenne environ 120 euros pour chacun des un peu plus de 92 000 bénéficiaires de cette aide.
De ce syndicat de police, ils ont refusé d'assister à cette réunion ou à n'importe quelle autre (quelle que soit la marque politique) jusqu'à ce que ce système soit « digne et devienne un véritable mécanisme pour aider les policiers ». Car si les agents semblent être clairs sur une chose, c'est qu'ils n'ont pas besoin de « tapes sur l'épaule ou de vaines félicitations lors des conférences de presse » pour vanter leur travail. Ils exigent que le budget atteigne près de 50 millions d'euros pour atténuer les effets du coût de la vie élevé dans un groupe comme le leur qui « souffre de la difficulté de vivre en dehors du milieu familial », raison pour laquelle ils sont contraints de faire face aux dépenses exorbitantes de location ou d'achat de logements.
« Ce manque d'engagement scandaleux envers la police et nos familles mérite seulement une dénonciation publique et une ferme opposition », souligne le CEP. Comme d'autres questions comme la retraite digne, l'égalisation des salaires, la reconnaissance comme métier à risque, la perte de compétences, le droit de grève, le temps de travail, la réforme controversée de la loi sur la sécurité des citoyens, le manque de ressources humaines et techniques… tout cela est resté dans un tiroir et sans réponse du ministre de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska.





