229 morts et dégâts évalués à 17,8 milliards d'euros

Le nombre de 229 personnes décédées le 29 octobre 2024 suffit déjà à rappeler l'ampleur de la tragédie qu'a vécue la province de Valence. Le rapport de diagnostic préparé par le deuxième vice-président pour la Reconstruction, Francisco José Gan Pampols, conclut que l'inondation a touché plus de 300 000 personnes et porte à une centaine le nombre de municipalités touchées. Elle a causé des dégâts évalués à environ 17,8 milliards d'euros, puisqu'au total 11 242 habitations, 10 000 ascenseurs, 141 000 véhicules, 800 kilomètres de routes, ponts ont été touchés… L'eau a tout détruit sur son passage. Outre les morts, plus de 2 600 personnes ont été blessées, 37 000 secours et 117 000 soins médicaux ont été effectués.

Revenir sur les événements de cette journée permet d'analyser la chronologie d'une catastrophe. La veille du 29, les Valenciens se sont endormis avec une notice orange d'Aemet. Malgré cela, une soixantaine de municipalités ont suspendu les cours en prévision de ce qui allait arriver. Mais seuls Algemesí et Utiel font partie de ce que l’on appelle le point zéro.

Le 29, à 6 h 36, Aemet commence à modifier ses prévisions et élève la côte sud de Valence au niveau rouge. Ayant reçu cet avis, le Centre de Coordination d'Urgence commence à transférer ces informations sur ses réseaux sociaux et aux mairies. Indiquez sur le réseau social X qu'il existe un « risque météo extrême ». Il n'est pas encore 9 heures du matin et les Urgences ont lancé le premier message aux citoyens en insistant sur le danger qui existe à cause des pluies.

Peu après, à 9h43, il émet un nouveau rapport indiquant que l'alerte rouge perdure jusqu'à 18h00. Cette information est l'une de celles que la Generalitat a le plus répétées, puisqu'elle affirme avoir laissé entendre que les pluies n'allaient pas durer toute la journée.

A 9h30, la déléguée du gouvernement, Pilar Bernabé, convoque une réunion des organismes étatiques impliqués dans la gestion de ce type de catastrophe. Bernabé apparaît devant les médias à 12h00. et transmet la prévision d'Aemet, avec l'horizon qui est à 18h00. le danger sera réduit à mesure que le dana se déplacera vers le nord. Il affirme également que la Confédération hydrographique du Júcar (CHJ) « est sur le terrain ».

À 11h38, le CHJ a communiqué par courrier électronique à la Generalitat le premier message alarmant sur le débit du fleuve Magro, puisqu'il est déjà de 350 mètres cubes par seconde et avec une tendance à la hausse. Bernabé et Salomé Pradas, alors ministre des Urgences, parlent pour la première fois.

A 12h20, le Centre d'Urgence émet un avis à toutes les communes touchées par le ravin de Poyo. Le CHJ a rapporté à 12h07. que le débit est passé à 264 mètres cubes par seconde.

À 12h30, Pradas arrive au Centre de Coordination des Urgences, après avoir été auparavant à Carlet, où il y avait déjà eu des inondations sans causer de blessures.

A 12h45, le président de la Generalitat, Carlos Mazón, répète le dernier rapport d'Aemet dans lequel il est indiqué que la tempête se déplace vers le nord.

Les urgences demandent aux pompiers forestiers de se diriger vers le fleuve Magro et le ravin du Poyo, il est 12h48. Ils partiront un peu plus tard. À 13h42 un email du CHJ rapportait que le débit du Poyo était tombé à 120 mètres cubes par seconde. Le fleuve Magro a débordé.

13h45 Mazón rencontre les employeurs et les syndicats au Palau de la Generalitat. A la fin, vers 15h00, il se rend dans un restaurant voisin pour déjeuner avec Maribel Villaplana.

A 14h06, Pradas demande à Bernabé d'activer l'UME pour qu'elle puisse agir à Utiel.

Pradas appelle un Cecopi pour 17h00. A 16h55, le CHJ a communiqué par email que dans la prochaine heure des débits supérieurs à 1.000 mètres cubes par seconde sont attendus dans le fleuve Magro en raison du soulagement du barrage. La situation commence à se compliquer. Le débit du Poyo, selon le CHJ, a continué à diminuer. À partir de ce moment, toute l’attention se tourne vers le barrage de Forata.

A 17h52, le scénario 1 est activé dans le réservoir précité. Le barrage déverse 1 000 mètres cubes par seconde dans le fleuve Magro. La situation va bientôt s’aggraver et on passe au stade 2.

À 18h33 le ravin du Poyo déborde déjà. Dix minutes plus tard, l'e-mail arrivera indiquant que le débit est de 1 686 mètres cubes par seconde. Selon la Generalitat, on est sans nouvelles de l'évolution de ce flux depuis deux heures. Du CHJ, ils insistent sur le fait que toutes les informations arrivaient automatiquement, même s'il est vrai que le président de cette organisation, Miguel Polo, a admis qu'il n'avait pas alerté verbalement de cette situation au Cecopi, auquel il était connecté par télématique, car il supposait que la Generalitat était au courant de la situation.

Selon le CHJ, il prévient que le débit du Poyo continue d'augmenter jusqu'à 2 282 mètres cubes par seconde, mais les Urgences affirment ne disposer d'aucune preuve.

Il est 18h59. et Cecopi discute du contenu d'une Alerte Es pour, selon la Generalitat, avertir du risque de rupture de Forata. Cela fait une heure sans connexion télématique.

À 20h11 le message arrive sur les téléphones portables, plus tard Mazón arrive à Cecopi, il est 20h28.

Il est 21h20. Mazón se présente à Cecopi pour expliquer la gravité de la situation et admet qu'il n'a toujours aucune information. À 23h50 il réapparaîtra pour confirmer qu'il y a eu des morts.

IRESTE, plus connu sous le nom d'Institut de Recherche d'Enseignement Supérieur aux Techniques de L'électronique, est un média spécialisé dans le domaine de l'électronique.