Les juges rappellent à la Commission européenne que le CGPJ reste inchangé

La majorité des associations de juges se sont mises d'accord sur les maux qui entourent notre État de droit lors des réunions tenues hier avec la Commission européenne. Premièrement, la détérioration de notre système démocratique, mais aussi le fait que la manière de choisir les membres du pouvoir judiciaire et les terribles conséquences des attaques politiques contre le syndicat demeurent, sans aucun signe de changement.

La principale association du pouvoir judiciaire a informé les représentants communautaires que notre système judiciaire n'a pas connu d'améliorations structurelles dans son indépendance en tant que pouvoir de l'État et que les « contrepoids institutionnels » ne sont toujours pas mis en œuvre et qu'il n'y a pas non plus de « moyens suffisants ».

L'Association Professionnelle de la Magistrature (APM) a rappelé à la Commission que la recommandation de Bruxelles concernant la nécessité de réformer le système électoral du Conseil Général de la Magistrature (CGPJ) continue de ne pas être respectée, malgré le renouvellement de la composition de l'organe directeur du pouvoir judiciaire.

L'association présidée par la juge María Jesús del Barco a également fait référence à la « préoccupation » concernant les réformes annoncées par le ministère de la Justice qui visent à modifier l'accès aux carrières judiciaires et pénales. Dans son message d'avertissement, il a souligné qu' »ils transfèrent le contrôle des processus de sélection au pouvoir exécutif ».

Concernant les nouveaux tribunaux de première instance (qui remplacent les tribunaux d'instruction traditionnels), l'APM évoque « de graves dysfonctionnements organisationnels découlant d'une réorganisation sans investissement proportionné dans les juges, les infrastructures et la technologie ».

Et enfin, dans le groupe des aspects négatifs qui affectent l'État de droit, ils incluent « l'inquiétude » face à « certaines déclarations politiques qui délégitiment de manière générique les juges et les tribunaux ; la persistance d'un « manque de progrès réels dans l'autonomie du ministère public » et la « nécessité de maintenir une délimitation claire entre la juridiction ordinaire et la juridiction constitutionnelle », qu'ils voient de plus en plus floue.

La deuxième association en nombre de membres, dans une perspective large, a mis en garde contre le risque d'ingérence politique que comportent certaines initiatives législatives et organisationnelles récemment mises en œuvre. Parmi les préoccupations signalées par l'Association judiciaire Francisco de Vitoria (AJFV), figurent la nouvelle organisation judiciaire, son impact sur la relation entre le juge et la fonction judiciaire, la possible modification du régime de financement des groupes professionnels, les propositions visant à limiter les poursuites populaires et la réforme de l'enquête pénale pour la confier aux procureurs, sans renforcer au préalable leur autonomie par rapport à la direction.

La quatrième association, Forum judiciaire indépendant (FJI), a signalé que le gouvernement ne parvient pas à respecter l'accord conclu en 2023 en matière de rémunération et a souligné qu'il s'agit d'une tâche en cours pour mettre à jour les aspects de la rémunération tels que les gardes et les compléments de destination, entre autres. « Nous avons également exigé que la Commission soit plus exigeante en termes de limitation des pantouflages », explique-t-il à ce journal.

De son côté, le seul groupe progressiste, Juges pour la démocratie (JJpD), a choisi de dénoncer à l'Union européenne la « tentative de délégitimer » la Cour constitutionnelle, « de la part de ceux qui promeuvent une campagne de diffamation » contre l'institution. Celui-ci s'engage à une élection judiciaire des candidats au CGPJ que le Parlement désignera ultérieurement.

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