Après d'intenses semaines de manifestations dans différentes villes de France au cours desquelles des lycéens se sont rassemblés pour réclamer une amélioration des conditions d'enseignement dans les écoles, ce samedi 17 octobre, des milliers de manifestants devraient à nouveau descendre dans la rue. Toutefois, ils ne seront pas seuls. Des syndicats de différents secteurs et ceux connus sous le nom de « gilets jaunes » s'y joindront.
La mobilisation qui aura lieu ce samedi à Paris a été convoquée ces derniers jours à travers les réseaux sociaux sous un appel intitulé « Jaunes et Jeunes », recevant le soutien de différentes organisations étudiantes, de militants pour le climat, de syndicats ouvriers et du syndicat agricole Confédération paysanne. Tout cela dans le but de marcher contre la hausse du coût de la vie dans le pays.
Comme l'explique la dirigeante du syndicat CGT, Sophie Binet, au média « Swissinfo », ce qu'ils cherchent avec cette manifestation, c'est de demander au gouvernement « qu'il aille chercher l'argent là où il est, dans les poches des rentiers, des grandes entreprises ». Un message qui a généré environ 500 actions et 90 rassemblements à travers le pays. Le ministère de l'Intérieur s'attend donc à ce qu'entre 70 000 et 140 000 manifestants soient mobilisés.
Mais qui sont les Gilets jaunes ?
Même si ceux qui descendent dans les rues de France ces jours-ci sont les syndicats et les lycéens, les soi-disant « gilets jaunes » ont également décidé de répondre à l'appel lancé par différentes organisations. Il n’est donc pas surprenant que les autorités se soient préparées à un scénario similaire à celui des manifestations qui ont eu lieu à partir d’octobre 2018.
Comme aujourd'hui, ces mobilisations ont été appelées par les réseaux sociaux, où des appels ont été lancés à la population pour protester contre l'annonce d'une taxe écologique qui rendrait le carburant plus cher, proposée par le président Emmanuel Macron pour 2019. La réponse a été massive et a donné lieu à de grandes vagues de manifestants, certains avec leurs gilets jaunes caractéristiques, qui ont occupé les rues des principales villes françaises chaque samedi.
Bien que le mouvement soit apparu de manière pacifique et décentralisée, il a rapidement commencé à déboucher sur de violents affrontements, des émeutes et des barricades dans les rues. Ce qui a conduit la police à utiliser des gaz lacrymogènes, des canons à eau et même des armes anti-émeutes, ce qui a fait un grand nombre de personnes arrêtées et blessées. Malgré cela, ce sont ces protestations qui ont conduit Macron à abandonner sa tentative d’augmenter les taxes sur les carburants.
Pourquoi manifestent-ils cette fois-ci ?
Ces épisodes sont devenus une part essentielle de l'histoire moderne du pays francophone, laissant des images de voitures en feu, de graffitis antigouvernementaux sur l'Arc de Triomphe ou d'affrontements avec la police. C'est pourquoi, pour éviter que ces altercations ne se reproduisent, le ministre français de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a autorisé l'usage de grenades assourdissantes lors des manifestations de ce samedi, même si elles ne pourront être utilisées que dans le cas où « la situation conduit à des violences urbaines ou à des émeutes », a-t-il expliqué pour France 2.
Eh bien, les deux appels sont similaires non seulement dans leur origine, les réseaux sociaux, mais aussi dans la raison des manifestations. Dans ce cas, lycéens, gilets jaunes, chauffeurs de VTC, chauffeurs de taxi et agriculteurs devraient manifester pour protester contre la hausse des prix de l’énergie, l’inflation et les coupes budgétaires liées aux dépenses publiques et aux réformes des retraites ou de la santé.
Concrètement, le Parlement français débat des budgets pour 2027, qui incluent la possibilité de réorienter 32 % de l'argent qui allait être alloué au système éducatif pour couvrir les retraites des fonctionnaires. À cela s'ajoutent des réductions d'environ 54 milliards d'euros et l'augmentation de différents impôts dans le but de faire face à une dette de 119% du PIB.





