La hausse des prix des carburants due à la guerre en Iran commence à mettre à rude épreuve la trésorerie des entreprises de transport. La Confédération espagnole du transport de marchandises (CETM), l'organisation majoritaire du secteur, a demandé aux compagnies pétrolières opérant en Espagne d'assouplir temporairement les limites de crédit associées aux cartes de carburant utilisées par les entreprises de transport, ainsi que sur les achats destinés à la consommation à leur propre poste, compte tenu de la forte augmentation du prix du carburant diesel résultant de l'escalade du conflit au Moyen-Orient.
Selon la CETM, la hausse des prix des carburants amène de nombreuses entreprises « à atteindre plus rapidement les limites de crédit établies dans ces systèmes de paiement, ce qui rend sérieusement difficile le maintien des opérations quotidiennes de transport routier de marchandises ».
La CETM assure que cette situation affecte « les entreprises de transport de toutes tailles, qui voient à quel point la hausse du prix du diesel augmente considérablement leurs besoins en liquidités pour pouvoir continuer à développer normalement leur activité ».
Les transporteurs utilisent souvent des cartes carburant professionnelles pour faire le plein. Pour les obtenir, ils doivent présenter une garantie correspondant au double de la consommation mensuelle estimée, puis régler le montant dépensé dans les cinq premiers jours du mois suivant. Mais avec la hausse des prix des carburants, ils dépasseront cette garantie avant la fin du mois et ne pourront pas faire le plein avec cette carte professionnelle, qui est celle utilisée pour récupérer le gasoil professionnel, expliquent des sources du secteur.
Dans le contexte actuel, la CETM considère que le maintien inchangé des limites de crédit pour l'achat de carburant, dans une période de forte hausse des prix, « peut rendre difficile pour de nombreuses entreprises de continuer à faire le plein ou à approvisionner leurs propres installations, ce qui pourrait provoquer des tensions dans la chaîne d'approvisionnement, puisque le transport routier transporte plus de 95 % des marchandises consommées en Espagne ».
Le transport de marchandises par route est actuellement en attente du prochain Conseil des ministres de mardi prochain. Le Comité national des transports routiers, l'organisme de présentation du secteur, s'est réuni mercredi avec le ministre des Transports, Óscar Puente, pour exiger des mesures de soutien urgentes. Lors de la réunion, un soutien direct allant jusqu'à 1 500 euros par véhicule et des réductions de 25 centimes par litre de carburant ont été proposés. Certains affirment que, selon les transporteurs, Puente a promis de le soulever pour étude et éventuelle approbation lors du prochain Conseil des ministres.





